Repérée par Télérama Sortir en coup de cœur, Marianne Vourch confirme ici ce qui fait la force de son travail depuis des années : rendre la musique classique accessible aux plus jeunes sans la simplifier à l’excès. Avec elle, il ne s’agit pas de “faire un cours”, mais bien d’ouvrir une porte. Une porte vers l’écoute, l’imaginaire et l’émotion.
À travers ce programme consacré à Ravel, les enfants étaient invités à entrer dans un monde de contes et d’images. La Belle au bois dormant, Le Petit Poucet, Laideronnette, Les entretiens de la Belle et de la Bête ou encore Le Jardin féérique : autant de tableaux musicaux qui composent Ma mère l’Oye et qui se prêtent naturellement à une découverte vivante, sensible et poétique de la musique. La présentation du spectacle insistait justement sur cette traversée du “royaume des fées”, pensée comme une expérience à hauteur d’enfant.
Ce qui séduit dans cette approche, c’est la manière dont Marianne Vourch mêle les registres. Le jeu, l’humour, le récit, les anecdotes et la contextualisation historique viennent soutenir l’écoute sans jamais l’alourdir. Le concert devient alors un vrai moment de transmission, mais aussi de partage. On n’explique pas la musique comme un objet lointain ou réservé à quelques initiés : on la raconte, on la fait ressentir, on lui redonne du relief et de la proximité.
Le cadre de la Salle Cortot, au 78 rue Cardinet dans le 17e arrondissement de Paris, renforçait encore cette expérience. La série « Raconte-moi la musique… » y est pensée comme un rendez-vous de découverte pour les familles, autour des liens entre musique, histoire et arts, dans un lieu emblématique de l’écoute et du piano.
Avec ce concert autour de Maurice Ravel, Marianne Vourch rappelle qu’il est possible de transmettre le répertoire classique autrement : avec exigence, mais sans distance ; avec poésie, mais sans abstraction. Une façon intelligente et sensible d’éveiller la curiosité des enfants, de nourrir leur imaginaire et de leur donner envie de revenir vers cette musique plus tard, par eux-mêmes.
Ce Jardin féérique portait bien son nom : un moment suspendu, pensé pour faire naître l’écoute, l’émerveillement et le plaisir de découvrir.